Apocalypse 3; 8b:

« J‘ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer »

Quand j’ai été engagé dans la police pour la première fois, j’étais loin de me douter que je perdrais mon travail 6 mois plus tard. Un certain capitaine qui ne me voyait pas dans sa soupe entrepris d’accumuler un dossier contre moi et quand vint le temps de me congédier, il me conseilla de lui remettre ma démission pour que je n’aies pas à dire durant d’autres entrevues que j’avais été mis à la porte. Je lui ai donc remis ma démission et j’ai appliqué pour 31 des 32 corps de police du Québec. En entrevue je faisais comme le capitaine m’avais suggéré de faire et je racontais avoir donné ma démission de façon volontaire même si en vérité je l’avais donné de façon forcée; après tout c’était l’entente avec le capitaine! Malgré cela j’ai été refusé par les 31 organisations pour lesquelles j’avais postulé.

Je suis donc aller rencontrer le capitaine des affaires internes de mon premier employeur pour lui demander si je pouvais revenir dans l’organisation en lui disant que je regrettais mes erreurs du passé et que j’avais cheminé durant les dernier mois. Il m’a dit que le directeur ne voulait rien savoir mais qu’il avait énormément apprécié que je sois allé m’humilier devant lui, lui ayant démontré beaucoup de maturité. Cela ne me donnait pas de travail pour autant …

Puis j’ai appliqué pour le 32e et dernier corps de police (pour lequel je n’avais jamais envoyé mon nom étant convaincu qu’un corps de police si important ne voudrait jamais de moi) et je fus invité à l’entrevue. En entrevue j’ai expliqué cette fois-ci que j’avais remis ma démission de force et que j’avais beaucoup appris durant la dernière année à me chercher un emploi.

Par ma plus grande surprise je fus engagé par cet employeur et encore aujourd’hui j’y travailles toujours avec grand bonheur. Quand vint le temps de déménager pour me rapprocher de mon nouveau travail j’en ai profiter pour aller saluer une dernière fois le capitaine des affaires internes que j’avais rencontré et il m’a dit qu’il était déjà au courant. Il m’a raconté que le jour où mon employeur avait appelé pour avoir des informations sur moi qu’on lui avait transféré l’appel puisque le capitaine qui m’avait menti était absent pour cause de maladie (il n’avait jamais pris de congé maladie dans le passé). Il leur a donc raconté que j’étais allé m’humilier devant lui et que si plus de policiers avaient la même attitude de repentance, que la police irait beaucoup plus loin. Cela fut assez pour les convaincre de m’engager!

J’étais convaincu que plus jamais je ne serais policier mais Dieu en avait décidé autrement; la porte était encore ouverte!

Eric Beauchamp, Policier pour le Service de Police de l'Agglomération de Longueuil
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